Améliorer la compétitivité de l’industrie fran?aise a un co?t
La France a un problème d’offre industrielle. Elle ne fabrique pas ce qu’elle consomme. Soutenir la demande dans un tel cas de figure ne sert à rien. Sur ce point, tout le monde s’accorde. Les mesures de soutien à l’emploi mises en place en gros depuis les années 1990 sous la forme d’allègements de charges entre 1 smic et 1,6 smic ne concernent pas l’industrie, mais la grande distribution, la construction et les services à la personne, qui sont pourtant des secteurs protégés de la concurrence.
air max tn france
La plupart des économistes, même ceux de gauche, pensent que le problème d’offre industrielle de la France est au moins partiellement lié à notre co?t du travail. Pour survivre, l’industrie fran?aise a d? "écraser" ses marges bénéficiaires pendant que sa rivale allemande les augmentait. Avec les résultats que l’on sait : la capacité de production de notre secteur industriel n'a pas évolué depuis 1998 quand celles de l’Allemagne et de l’Italie se sont accrues respectivement de 30 % et de 10 %. L’industrie fran?aise ne gagne pas assez d’argent et n’investit donc pas assez. Cela, c’est le constat.
ugg soldes
Quelles peuvent être les conséquences d’une telle mesure ?
Que vont faire les entreprises de la baisse des charges sociales patronales ? Je ne pense pas qu’elles vont en profiter pour baisser leurs prix. Je suis persuadé qu’elles vont plut?t augmenter leurs marges bénéficiaires. Ce n’est d’ailleurs pas une mauvaise idée si elles investissent pour accro?tre leurs capacités de production.
ugg soldes
Par ailleurs, la hausse de la TVA va faire monter les prix, comme cela a été le cas outre-Rhin – contrairement à ce qu’a indiqué M. Sarkozy –, au Royaume-Uni ou au Japon. Elle pourrait nous co?ter entre 0,2 et 0,3 point de croissance du fait de la baisse prévisible de la consommation. En l’annon?ant à l’avance, on peut avoir un petit effet positif sur la consommation, comme ce fut le cas en Allemagne, mais il ne dure pas.
ugg bottes pas cher
M.Sarkozy aurait pu transférer les charges sociales patronales et salariales sur la Contribution sociale généralisée (CSG), mais cela supposait qu’il accepte de taxer les retraités, dont les pensions représentent 20 % de l’assiette de ce prélèvement. Il ne le voulait apparemment pas. La TVA sociale fera monter les prix et baisser la consommation, mais c’est pour la bonne cause : c’est l’avenir de l’industrie fran?aise qui est en jeu.
ugg pas chers
* Thomas Coutrot, co-président d’Attac, membre des Economistes atterrés
Que pensez-vous des annonces de M.Sarkozy sur la TVA sociale ?
La TVA dite sociale est une mauvaise mesure pour au moins trois raisons. Contrairement à ce qu’a déclaré le chef de l’Etat, elle va impliquer une hausse des prix. Elle entra?nera donc une baisse de pouvoir d’achat pour la majorité des consommateurs.
En outre, elle aggrave le caractère anti-redistributif de notre système fiscal dans la mesure où la TVA est un imp?t qui pèse plus sur les pauvres que sur les riches. Vouloir regagner ainsi des parts de marché sur nos partenaires européens – même si l’Allemagne l’a fait –, c’est poursuivre une politique non coopérative qui a déjà fait beaucoup de mal aux peuples européens.
ugg pas cher shop
Il faut changer de logique, tirer le modèle européen vers le haut au lieu de continuer à enfermer l’Union européenne (UE) dans une spirale de concurrence sociale et fiscale, dans une logique non coopérative à l’origine de la crise que nous vivons et qui pourrait aboutir à un effondrement européen.
La France a-t-elle, selon vous, un problème d’offre industrielle et de co?t du travail ?
L’industrie fran?aise a un problème de compétitivité par rapport à l’allemande. Mais elle n’est pas la seule ; c’est vrai pour tous les pays européens. L’Allemagne, qui avait déjà une forte compétitivité hors-prix, a en plus baissé les salaires depuis dix ans. C’est une des causes des excédents allemands. Mais ce faisant, elle a installé l’Europe dans une déflation compétitive qui a tiré toute l’UE vers le bas. C’est absurde de continuer. On devrait plut?t inciter l’Allemagne à augmenter ses salaires.
D’ailleurs, s’il veut absolument réduire le co?t du travail dans l’industrie, on se demande bien pourquoi M. Sarkozy ne redéploie pas plut?t les exonérations de cotisations sur les bas salaires. Ces exonérations, qui représentent 29 milliards d’euros par an, ont surtout bénéficié aux services peu qualifiés, qui ne sont pas délocalisables. Cette politique a probablement contribué à tirer la capacité d’innovation de l’économie fran?aise vers le bas.
* Michel Didier, président de l’institut patronal COE-Rexecode
- autentifică-te sau înregistrează-te pentru a adăuga comentarii
Comentarii recente
în urmă cu 3 ani 36 săptămâni
în urmă cu 4 ani 32 săptămâni